Le coût moyen pondéré du capital (CMPC), ou WACC en anglais, est le taux de rendement moyen exigé par l’ensemble des financeurs d’une entreprise : les actionnaires, à travers le coût des fonds propres, et les prêteurs, à travers le coût de la dette après impôt. Chaque coût est pondéré par sa part dans le financement. C’est le taux qui sert à actualiser les flux de trésorerie dans une évaluation DCF.
C’est aussi la rentabilité minimale qu’un investissement doit atteindre pour créer de la valeur.
Où vous aurez besoin du CMPC
Le CMPC est le taux de rendement minimum que l’entreprise doit offrir à ceux qui la financent, actionnaires et prêteurs : c’est l’étalon de toute décision de valeur.
Évaluation DCF
Les flux de trésorerie disponibles s’actualisent au CMPC : un point de plus ou de moins change la valeur de 10 % ou davantage.
Décision d’investissement
Un projet crée de la valeur si sa rentabilité dépasse le CMPC : c’est le taux d’actualisation de la VAN et le seuil du TRI.
Acquisition
L’acheteur et le vendeur s’opposent souvent sur le taux plus que sur les flux : chaque hypothèse du CMPC se négocie.
Création de valeur
Une rentabilité des capitaux employés supérieure au CMPC crée de la valeur ; inférieure, elle en détruit, même avec un bénéfice.
Structure financière
Le directeur financier cherche la combinaison de dette et de fonds propres qui finance l’entreprise au meilleur coût sans la fragiliser.
Tests de dépréciation
Les groupes en IFRS actualisent les flux de leurs activités pour tester la valeur des écarts d’acquisition et des actifs.
Évaluer une entreprise par la méthode DCF
Sa quatrième partie actualise au juste taux : pourquoi un franc futur vaut moins, le taux comme jugement argumenté, la construction du WACC avec le MEDAF, puis l’actualisation de l’horizon explicite et de la valeur terminale.
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Voir le coursLa formule du CMPC
kE est le coût des fonds propres, kD le coût de la dette avant impôt, t le taux d’impôt sur les sociétés, E et D la valeur des fonds propres et de la dette financière nette.
Le bêta mesure la sensibilité de l’entreprise au risque du marché. Une entreprise non cotée n’en a pas : on part du bêta désendetté de sociétés cotées comparables, puis on le réendette avec la structure financière de la cible.
Exemple chiffré : un groupe agro-industriel à Abidjan
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Taux sans risque (emprunt d’État à long terme en FCFA, risque pays inclus) | 6,0 % |
| Bêta désendetté du secteur | 0,80 |
| Structure cible : fonds propres / dette | 70 % / 30 % |
| Bêta réendetté : 0,80 × (1 + 0,75 × 30 / 70) | 1,06 |
| Prime de risque du marché | 6,0 % |
| Prime spécifique (taille, liquidité) | 1,5 % |
| Coût des fonds propres : 6,0 + 1,06 × 6,0 + 1,5 | 13,8 % |
| Coût de la dette avant impôt | 8,5 % |
| Coût de la dette après impôt : 8,5 × (1 − 25 %) | 6,4 % |
| CMPC : 70 % × 13,8 + 30 % × 6,4 | 11,6 % |
L’impôt. Le calcul retient un impôt sur les sociétés de 25 %, taux de droit commun en Côte d’Ivoire.
Ce que l’analyste retient. Les fonds propres pèsent 70 % du financement mais 84 % du coût : 9,7 points sur 11,6. C’est sur le coût des fonds propres, et d’abord sur le taux sans risque et la prime de marché, que se joue la discussion. Ce taux de 11,6 % sert d’ailleurs à l’exemple de la page méthode DCF.
La fiche « Le coût du capital (WACC) en une page » résume la formule, ses paramètres et les pièges ; elle se trouve dans les ressources XELANC.
Le risque pays : le compter une fois, pas deux
En Afrique, la question la plus débattue est celle du risque pays. Il existe deux façons cohérentes de le traiter.
En monnaie locale, on prend comme taux sans risque le rendement d’un emprunt d’État à long terme du pays ou de la zone monétaire. Ce taux contient déjà le risque souverain : on n’ajoute pas de prime pays.
En devise forte, on part d’un taux sans risque en dollars ou en euros et on ajoute une prime de risque pays. Le professeur Aswath Damodaran publie chaque année des primes de risque par pays, très utilisées par les praticiens. Les flux doivent alors être exprimés dans la même devise.
L’erreur classique consiste à mélanger les deux : un taux sans risque local, une prime pays par-dessus, et des flux en FCFA. Le risque est compté deux fois et la valeur sous-estimée.
Erreurs fréquentes
- Pondérer avec les valeurs comptables. Les fonds propres se pondèrent à leur valeur, souvent bien supérieure à leur montant au bilan ; à défaut, on retient une structure cible justifiée.
- Prendre le taux moyen de la dette existante. Le coût de la dette est celui auquel l’entreprise emprunterait aujourd’hui.
- Oublier l’économie d’impôt. Sans le facteur (1 − t), le CMPC est surestimé.
- Utiliser un CMPC unique pour des activités de risques différents. Une filiale minière et une filiale de distribution n’ont pas le même coût du capital.
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Questions fréquentes
Quelle est la formule du CMPC ?
CMPC = coût des fonds propres × part des fonds propres + coût de la dette après impôt × part de la dette. Les parts se calculent sur la valeur des fonds propres et de la dette, de préférence selon la structure financière cible.
CMPC et WACC, est-ce la même chose ?
Oui. WACC est le sigle anglais de weighted average cost of capital, coût moyen pondéré du capital en français. Les deux désignent le même taux.
Comment calculer le coût des fonds propres ?
Le plus souvent avec le MEDAF : taux sans risque + bêta × prime de risque du marché. On y ajoute, selon les cas, une prime de risque pays et une prime pour la petite taille ou le manque de liquidité, à justifier une par une.
Pourquoi le coût de la dette est-il pris après impôt ?
Parce que les intérêts sont déductibles du résultat imposable : chaque franc d’intérêt réduit l’impôt. Avec un impôt sur les sociétés de 25 %, une dette à 8,5 % ne coûte en réalité que 6,4 %.
Termes liés
Métiers qui utilisent cette notion : analyste fusions-acquisitions, analyste private equity, directeur financier.
Sources
- Aswath Damodaran (NYU Stern), données de primes de risque par pays et de bêtas sectoriels, mises à jour chaque année. pages.stern.nyu.edu/~adamodar
- Modèle d’évaluation des actifs financiers (MEDAF) et formule de réendettement du bêta (Hamada) : définitions usuelles de la finance d’entreprise.
- Exemple d’Abidjan : cas d’illustration XELANC ; taux sans risque, bêta, primes et coût de la dette sont des hypothèses, pas des données de marché. Calculs : 0,80 × (1 + 0,75 × 0,4286) = 1,057 ; 6,0 + 1,057 × 6,0 + 1,5 = 13,84 % ; 8,5 × 0,75 = 6,375 % ; 0,70 × 13,84 + 0,30 × 6,375 = 11,60 %.



