Nous utilisons des cookies pour le site et la mesure de nos publicités. 

Ressources › Glossaire › Tableau des flux de trésorerie (SYSCOHADA révisé)
Glossaire

Tableau des flux de trésorerie (SYSCOHADA révisé) : structure et lecture

Le tableau des flux de trésorerie (TFT) est l’état financier du SYSCOHADA révisé qui explique comment la trésorerie d’une entreprise a varié pendant l’exercice. Il classe les flux en trois familles : activités opérationnelles, activités d’investissement et activités de financement. Il a remplacé le TAFIRE et se rapproche de la norme internationale IAS 7.

C’est l’état qui dit si le résultat s’est transformé en cash, et ce que l’entreprise en a fait.

Où vous aurez besoin du tableau des flux de trésorerie

Le tableau des flux est l’état qui répond à la question que le bilan et le compte de résultat laissent ouverte : où est passé l’argent ?

Analyse de crédit

Le banquier y lit le cash réellement produit par l’exploitation, celui qui rembourse, au-delà du résultat affiché.

Détection des difficultés

Une entreprise bénéficiaire dont les flux opérationnels sont négatifs plusieurs années de suite finance sa croissance à crédit.

Évaluation

Les flux opérationnels moins les investissements donnent le cash-flow disponible, base de la méthode DCF.

Business plan

Le tableau des flux prévisionnel vérifie que le plan est finançable année par année, et pas seulement rentable.

Politique financière

Dividendes, remboursements et nouveaux emprunts y apparaissent côte à côte : on voit qui finance quoi.

Audit et due diligence

Le rapprochement entre résultat et flux de trésorerie révèle les écarts qui méritent une question.

Le cours pour maîtriser le sujet

Analyser un dossier pour décider d’un crédit

Sa deuxième partie bâtit la cascade de cash étage par étage, filtre le cash-in et apprend à lire un tableau de flux de trésorerie pour obtenir le cash qui rembourse vraiment.

Cours de niveau intermédiaire · 19 €

Voir le cours

La structure du tableau

Famille de fluxCe qu’elle contientLa question
Activités opérationnellescapacité d’autofinancement, corrigée de la variation des stocks, des créances et du passif circulantl’exploitation produit-elle du cash ?
Activités d’investissementacquisitions d’immobilisations, moins les cessionscombien l’entreprise investit-elle ?
Activités de financementapports en capital, dividendes, nouveaux emprunts, remboursementsqui finance l’entreprise, et combien elle rend ?
Variation de la trésorerie nette = flux opérationnels + flux d’investissement + flux de financement

Dans le SYSCOHADA révisé, le tableau part de la trésorerie nette au 1er janvier, calcule les flux opérationnels par la méthode indirecte à partir de la capacité d’autofinancement globale (CAFG), distingue les financements par capitaux propres et par capitaux étrangers, et aboutit à la trésorerie nette au 31 décembre. La trésorerie nette y est la trésorerie-actif moins la trésorerie-passif, comme dans la page trésorerie nette.

Date d’application. Le TFT s’applique aux comptes individuels des exercices ouverts à partir du 1er janvier 2018, et aux comptes consolidés et combinés à partir du 1er janvier 2019.

Exemple chiffré : un distributeur pharmaceutique à Bamako

Cas d’illustration
Flux de l’exerciceM FCFA
Capacité d’autofinancement globale420
− hausse des stocks− 150
− hausse des créances clients− 180
+ hausse du passif circulant90
= flux des activités opérationnelles180
Acquisitions d’immobilisations, moins cessions (350 − 30)− 320
= flux des activités d’investissement− 320
Dividendes versés− 60
Nouveaux emprunts, moins remboursements (250 − 120)130
= flux des activités de financement70
Variation de la trésorerie nette− 70

Ce que dit le tableau. L’entreprise est rentable, mais la hausse de son BFR absorbe 240 M FCFA sur 420 de CAF. Le cash-flow disponible, flux opérationnels moins investissements, est négatif : 180 − 320 = − 140 M FCFA. Les investissements ont été financés par l’emprunt, et un dividende a été versé pendant que la trésorerie nette passait de + 40 à − 30 M FCFA.

Ce que fait l’analyste. Il demande pourquoi les créances clients progressent plus vite que les ventes, si les investissements sont terminés, et si le dividende était compatible avec la situation de trésorerie.

La fiche « Du résultat au cash : le tableau de flux » résume en une page les quatre blocs à lire et les signaux d’alerte.

Comment le lire

Commencer par les flux opérationnels. Ils doivent être positifs et proches de la CAF sur plusieurs exercices. Un écart durable vient presque toujours du BFR.

Comparer aux investissements. Une entreprise qui investit plus qu’elle ne produit de cash doit se financer : c’est normal en phase de croissance, inquiétant si cela dure.

Regarder qui finance. Des flux de financement positifs financés par la dette augmentent le gearing ; des dividendes élevés avec une trésorerie qui baisse posent une question de gouvernance.

Relier au remboursement. Les flux opérationnels, moins les investissements de maintien, approchent le cash disponible pour la dette, celui du DSCR.

Erreurs fréquentes

  1. Lire le résultat net à la place des flux. Le résultat ne dit pas si les clients ont payé.
  2. Prendre une cession d’actif pour de la performance. Une trésorerie qui monte grâce à la vente d’un immeuble ne se reproduira pas.
  3. Oublier les découverts. La trésorerie nette du TFT déduit la trésorerie-passif : un découvert qui augmente dégrade la variation.
  4. Comparer TFT et tableau de financement sans précaution. Le premier explique la trésorerie, le second le fonds de roulement : les soldes ne se comparent pas directement.
Aller plus loin

Analyser un dossier pour décider d’un crédit

Le cours construit le numérateur du ratio de couverture à partir des flux : choisir le bon cash-flow, filtrer le cash-in, lire le tableau de flux, puis décider.

Cours de niveau intermédiaire · 19 €

Voir le cours

Les autres cours disponibles sur le sujet

Cours disponible

Construire et analyser un business plan

Établir le compte de résultat, le bilan et le tableau des flux de trésorerie prévisionnels d’un business plan.

Cours de niveau débutant · 13,90 €

Voir le cours
Cours disponible

Lire les comptes d’une entreprise : les états de synthèse

Construire le tableau de financement et exploiter l’ETIC : les états de synthèse du CGNC, lus pas à pas.

Cours de niveau débutant · 13,90 €

Voir le cours

Chaque cours s’achète seul. L’abonnement mensuel, à 29 € par mois et sans engagement, ouvre tous les cours XELANC.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le tableau des flux de trésorerie ?

C’est l’état financier qui explique la variation de la trésorerie de l’entreprise sur l’exercice, en trois familles de flux : les activités opérationnelles, les investissements et les financements.

Le TFT a-t-il remplacé le TAFIRE ?

Oui. Le SYSCOHADA révisé a remplacé le tableau financier des ressources et des emplois (TAFIRE) par le tableau des flux de trésorerie, plus proche de la norme internationale IAS 7.

Méthode directe ou indirecte ?

La méthode indirecte part du résultat, ou de la capacité d’autofinancement, et le corrige des variations du BFR ; la méthode directe liste les encaissements et les décaissements. Le SYSCOHADA révisé retient la méthode indirecte pour les flux opérationnels.

Et au Maroc ?

Les entreprises qui appliquent le CGNC établissent un tableau de financement, qui explique la variation du fonds de roulement plutôt que celle de la trésorerie. Les groupes qui publient en IFRS établissent un tableau des flux selon IAS 7.

Termes liés

Métiers qui utilisent cette notion : analyste risque de crédit, directeur financier, analyste FP&A.

Sources

  1. OHADA, Acte uniforme relatif au droit comptable et à l’information financière et Système comptable OHADA révisé (adopté le 26 janvier 2017). ohada.com
  2. IFRS Foundation, IAS 7 Tableau des flux de trésorerie. ifrs.org
  3. Maroc : Code général de normalisation comptable (loi 9-88), tableau de financement.
  4. Exemple de Bamako : cas d’illustration XELANC, chiffres non issus de comptes publiés.
Rachid ELMAATAOUI, fondateur de XELANC

Rachid ELMAATAOUI, fondateur de XELANC. Entrepreneur de la finance, il a fondé plusieurs cabinets de conseil en fusions-acquisitions et Financité Institute Group, siégé dans les équipes de direction de grands fonds d’investissement et structuré plusieurs fonds. Il a accompagné plusieurs milliers de financiers. Découvrir son parcours