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Glossaire

Soldes intermédiaires de gestion (SIG) : la cascade du SYSCOHADA révisé

Les soldes intermédiaires de gestion (SIG) découpent le compte de résultat en étapes successives, de la marge commerciale au résultat net, pour montrer comment se forme le bénéfice. Dans le SYSCOHADA révisé, ils figurent directement dans le compte de résultat : marge commerciale, chiffre d’affaires, valeur ajoutée, excédent brut d’exploitation, résultat d’exploitation, résultat financier, résultat des activités ordinaires, résultat hors activités ordinaires et résultat net.

Chaque solde répond à une question précise : l’entreprise crée-t-elle de la richesse, son exploitation est-elle rentable, sa dette lui coûte-t-elle trop cher, son résultat est-il récurrent ?

Où vous aurez besoin des soldes intermédiaires de gestion

Les soldes de gestion transforment un compte de résultat en diagnostic : à chaque étage, on sait ce que l’entreprise gagne et ce qu’elle perd.

Analyse de crédit

Le banquier regarde où se forme le résultat : une entreprise rentable grâce à une plus-value de cession n’a pas la même capacité de remboursement qu’une entreprise rentable par son exploitation.

Contrôle de gestion

Les marges à chaque étage, suivies d’un mois sur l’autre, disent quel poste dérape : achats, personnel, amortissements ou frais financiers.

Comparaison sectorielle

Deux entreprises du même métier se comparent étage par étage, en pourcentage du chiffre d’affaires, bien mieux que sur leur seul résultat net.

Évaluation

L’EBE et le résultat d’exploitation servent de base aux multiples et aux flux de la DCF : encore faut-il les avoir extraits proprement du compte de résultat.

Audit et due diligence

Un résultat qui repose sur les activités hors activités ordinaires (HAO) appelle une question : se reproduira-t-il l’an prochain ?

Business plan

Les prévisions se construisent solde par solde : chiffre d’affaires, valeur ajoutée, EBE, puis les charges qui mènent au résultat net.

Le cours pour maîtriser le sujet

Lire les comptes d’une entreprise : les états de synthèse

Lire le compte de produits et charges, suivre la formation du résultat net, lire les soldes de gestion, mesurer la marge commerciale et la marge d’EBE, puis calculer la CAF : les états de synthèse du plan comptable marocain (CGNC) lus pas à pas, avec la même logique que le SYSCOHADA.

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La cascade des soldes dans le SYSCOHADA révisé

Le compte de résultat du SYSCOHADA révisé affiche lui-même neuf soldes, repérés de XA à XI : l’analyste n’a pas à reconstruire la cascade, il la lit.

SoldeComment il se calculeLa question qu’il tranche
Marge commerciale (XA)ventes de marchandises − achats de marchandises consommésque rapporte l’activité de négoce ?
Chiffre d’affaires (XB)ventes de marchandises, de produits fabriqués, de travaux et services, produits accessoiresquel est le volume d’activité ?
Valeur ajoutée (XC)marge commerciale et production, moins les consommations en provenance des tiers et les impôts et taxesquelle richesse l’entreprise crée-t-elle ?
Excédent brut d’exploitation (XD)valeur ajoutée − charges de personnell’exploitation dégage-t-elle du cash ?
Résultat d’exploitation (XE)EBE − dotations nettes aux amortissements, provisions et dépréciationsl’outil de production est-il rentabilisé ?
Résultat financier (XF)revenus financiers − frais financiers et charges assimiléesque coûte la dette ?
Résultat des activités ordinaires (XG)résultat d’exploitation + résultat financierque gagne l’entreprise dans son activité normale ?
Résultat hors activités ordinaires (XH)produits HAO − charges HAO (cessions d’immobilisations, éléments exceptionnels)quelle part du résultat ne se reproduira pas ?
Résultat net (XI)activités ordinaires + HAO − participation des travailleurs − impôt sur le résultatque reste-t-il aux associés ?

La valeur ajoutée et l’excédent brut d’exploitation ont chacun leur page détaillée : formule, différences entre référentiels et lecture.

Exemple chiffré : un fabricant de peintures à Yaoundé

Cas d’illustration
Compte de résultat (extrait)M FCFA
Ventes de marchandises (diluants et accessoires revendus)400
− achats de marchandises consommés− 300
= marge commerciale100
Ventes de produits fabriqués, services et produits accessoires1 150
Chiffre d’affaires (400 + 1 150)1 550
+ production stockée20
− matières consommées, autres achats, transports, services extérieurs, impôts et taxes− 740
= valeur ajoutée530
− charges de personnel− 290
= excédent brut d’exploitation240
− dotations, + reprises (90 − 10)− 80
= résultat d’exploitation160
Résultat financier (5 de revenus, 70 de frais financiers)− 65
= résultat des activités ordinaires95
Résultat HAO (plus-value sur la cession d’un camion)10
− impôt sur le résultat− 30
= résultat net75

Les marges, étage par étage : valeur ajoutée 34 % du chiffre d’affaires, EBE 15,5 %, résultat d’exploitation 10,3 %, résultat net 4,8 %. Le personnel absorbe 55 % de la valeur ajoutée.

Ce que l’analyste retient. L’exploitation est saine, mais les frais financiers prennent 70 M FCFA, soit 29 % de l’EBE : la dette pèse lourd. Et sur 105 M FCFA de résultat avant impôt, 10 viennent d’une cession qui ne se reproduira pas. Le résultat récurrent est celui des activités ordinaires, 95 M FCFA.

Pour suivre ces marges et les autres ratios sur plusieurs exercices, le modèle Excel « Ratios de gestion, de structure et de couverture » les calcule à partir de vos comptes ; il se trouve dans les ressources XELANC.

Comment les lire

De haut en bas. On cherche l’étage où la marge se dégrade. Une valeur ajoutée qui baisse pointe les achats ou les prix de vente ; un EBE qui baisse à valeur ajoutée stable pointe le personnel ; un résultat d’exploitation qui baisse à EBE stable pointe les investissements récents.

En pourcentage du chiffre d’affaires et sur trois exercices. Un solde isolé ne dit rien. La tendance et la comparaison avec des entreprises du même métier disent tout.

En séparant le récurrent de l’exceptionnel. Le résultat des activités ordinaires mesure la performance durable ; le résultat HAO, ce qui ne se reproduira pas. Le banquier et l’évaluateur raisonnent sur le premier.

Puis vers le cash. L’EBE mène à la capacité d’autofinancement, et la CAF, corrigée de la variation du BFR, aux flux du tableau des flux de trésorerie.

SYSCOHADA, CGNC, plan comptable français

La logique des soldes est commune, les noms et les frontières changent. Au Maroc, l’état des soldes de gestion du CGNC présente un résultat courant et un résultat non courant, et déduit les impôts et taxes après la valeur ajoutée. En France, le plan comptable distingue le résultat courant avant impôts et le résultat exceptionnel. Avant de comparer deux entreprises de deux référentiels, on aligne les définitions, en particulier la place des impôts et taxes et des éléments exceptionnels.

Erreurs fréquentes

  1. S’arrêter au résultat net. Il mélange l’exploitation, la dette, l’exceptionnel et l’impôt : c’est le solde le moins parlant.
  2. Oublier la production stockée. Une entreprise qui produit pour stocker affiche une valeur ajoutée qui n’est pas encore vendue.
  3. Prendre une plus-value de cession pour de la performance. Elle se lit dans les HAO et ne finance pas les échéances des années suivantes.
  4. Comparer des marges sans aligner les référentiels. Une valeur ajoutée SYSCOHADA et une valeur ajoutée CGNC ne se comparent qu’après reclassement des impôts et taxes.
Aller plus loin

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Le cours lit chaque état de synthèse comme un analyste : bilan regroupé en grandes masses, compte de produits et charges, soldes de gestion, CAF et tableau de financement.

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Questions fréquentes

Quels sont les soldes intermédiaires de gestion du SYSCOHADA ?

Dans l’ordre du compte de résultat : la marge commerciale, le chiffre d’affaires, la valeur ajoutée, l’excédent brut d’exploitation, le résultat d’exploitation, le résultat financier, le résultat des activités ordinaires, le résultat hors activités ordinaires et le résultat net.

À quoi servent les soldes intermédiaires de gestion ?

Ils découpent le résultat en étapes pour savoir d’où vient le bénéfice, ou la perte : du commerce, de la production, de l’exploitation, de la dette ou d’opérations exceptionnelles. Chaque solde répond à une question différente.

Quelle différence avec les SIG français ou marocains ?

La logique est la même, mais la présentation change. Le plan comptable français parle de résultat courant avant impôts et de résultat exceptionnel ; le CGNC marocain présente un état des soldes de gestion avec un résultat courant et un résultat non courant. Le SYSCOHADA parle d’activités ordinaires et hors activités ordinaires (HAO).

Les SIG remplacent-ils la CAF ?

Non. Les soldes de gestion mesurent la formation du résultat ; la capacité d’autofinancement mesure le cash potentiel qu’il dégage. Elle se calcule à partir de l’EBE ou du résultat net, une fois les soldes lus.

Termes liés

Métiers qui utilisent cette notion : contrôleur de gestion, analyste risque de crédit, analyste FP&A.

Sources

  1. OHADA, Acte uniforme relatif au droit comptable et à l’information financière et Système comptable OHADA révisé (adopté le 26 janvier 2017). ohada.com
  2. Maroc : Code général de normalisation comptable (loi 9-88), état des soldes de gestion.
  3. Exemple de Yaoundé : cas d’illustration XELANC, chiffres non issus de comptes publiés. Calculs : 100 + 1 150 + 20 − 740 = 530 ; 530 − 290 = 240 ; 240 − 80 = 160 ; 160 − 65 = 95 ; 95 + 10 − 30 = 75 ; 70 / 240 = 29 %.
Rachid ELMAATAOUI, fondateur de XELANC

Rachid ELMAATAOUI, fondateur de XELANC. Entrepreneur de la finance, il a fondé plusieurs cabinets de conseil en fusions-acquisitions et Financité Institute Group, siégé dans les équipes de direction de grands fonds d’investissement et structuré plusieurs fonds. Il a accompagné plusieurs milliers de financiers. Découvrir son parcours