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Glossaire

EBITDA : définition, calcul et différence avec l’EBE

L’EBITDA (earnings before interest, taxes, depreciation and amortization) est le résultat avant intérêts, impôts, dotations aux amortissements et aux provisions. C’est l’équivalent anglo-saxon de l’EBE, mais c’est un agrégat d’analyse sans définition normée : il diffère de l’EBE selon le traitement des provisions, des loyers et des éléments non récurrents.

On le rencontre surtout en évaluation d’entreprise, en fusions-acquisitions et dans les financements d’acquisition, où il sert d’unité de mesure de la valeur et de la dette.

Où vous aurez besoin de l’EBITDA

L’EBITDA est la langue commune des investisseurs, des banques d’affaires et des financements structurés.

Évaluation par les multiples

Valeur d’entreprise = EBITDA × multiple : sur 120 M MAD d’EBITDA, un tour de multiple vaut 120 M MAD de valeur.

Dette d’acquisition et LBO

Les prêteurs dimensionnent la dette en multiple d’EBITDA et la testent chaque année dans les clauses du contrat.

Comparaison internationale

Il neutralise les écarts de fiscalité, de structure financière et de politique d’amortissement entre pays et entre entreprises.

Communication financière

Les sociétés cotées publient un EBITDA, souvent « ajusté » : savoir le recalculer évite de prendre un chiffre de présentation pour un fait.

Due diligence

L’audit d’acquisition revoit chaque ajustement de l’EBITDA, parce que chaque million retiré du prix se multiplie par le multiple.

Pilotage

Les groupes fixent des objectifs de marge d’EBITDA par filiale et par pays, plus lisibles qu’un résultat net chargé d’éléments financiers.

Le cours pour maîtriser le sujet

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Construire un échantillon de comparables, calculer les multiples de valeur d’entreprise sur EBITDA avec les bons retraitements, en déduire la valeur de la cible et savoir quoi faire quand il n’y a pas d’EBITDA.

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La formule de l’EBITDA

EBITDA = résultat d’exploitation + dotations aux amortissements et aux provisions d’exploitation

Par le bas du compte de résultat, on obtient le même chiffre : résultat net + impôt sur le résultat + frais financiers nets + dotations, en retirant les éléments exceptionnels.

EBITDA et EBE : les différences qui comptent

PointEBEEBITDA
DéfinitionSolde du plan comptable (SYSCOHADA, CGNC, PCG)Agrégat d’analyse, non normé ; non défini par les IFRS
Provisions sur actif circulantHors EBE (dotations sous l’EBE)Traitement variable selon l’entreprise
Autres produits et charges d’exploitationExclus du calcul de l’EBE en PCG françaisGénéralement inclus
Loyers de locationEn charges, avant l’EBE (hors crédit-bail retraité)Sous IFRS 16, sortis des charges : l’EBITDA augmente
Éléments non récurrentsInclus s’ils sont d’exploitationSouvent retirés dans un « EBITDA ajusté »

Dans une PME de l’espace OHADA qui publie ses comptes en SYSCOHADA, l’EBE et un EBITDA calculé simplement sont proches. L’écart devient important dans les groupes qui publient en IFRS, ou dès qu’un vendeur présente un EBITDA « ajusté ».

Exemple chiffré : une société de distribution à Casablanca

Cas d’illustration
ÉtapeM MAD
Résultat d’exploitation85
+ dotations aux amortissements et provisions35
= EBITDA publié120
+ loyers d’entrepôts retraités selon IFRS 1612
= EBITDA après IFRS 16132

Évaluation. Avec un multiple de 7 fois l’EBITDA (hypothèse d’illustration), la valeur d’entreprise ressort à 7 × 120 = 840 M MAD. Avec 240 M MAD de dette nette, la valeur des titres est de 600 M MAD.

Le piège. Si l’acheteur applique le même multiple à l’EBITDA après IFRS 16 sans ajouter la dette locative à la dette nette, la valeur d’entreprise passe à 924 M MAD : 84 M MAD de plus pour le même entrepôt. Multiple, EBITDA et dette nette doivent être définis de la même façon, toujours.

Comment l’interpréter

Ce que l’EBITDA dit. La capacité de l’exploitation à produire du résultat avant les choix de financement, d’investissement et de fiscalité. C’est ce qui le rend utile pour comparer des entreprises très différentes.

Ce qu’il ne dit pas. Il ignore les investissements, la variation du BFR et l’impôt : une entreprise très capitalistique peut afficher un EBITDA élevé et ne dégager aucun cash. Pour un prêteur, le cash qui rembourse se mesure avec le DSCR, pas avec l’EBITDA.

Les ajustements. Chaque retraitement d’un EBITDA ajusté doit être justifié, documenté et récurrent dans le sens inverse : un coût « exceptionnel » qui revient chaque année n’est pas exceptionnel.

Erreurs fréquentes

  1. Prendre l’EBITDA pour du cash. Sans les investissements et la variation du BFR, il surestime ce que l’entreprise encaisse.
  2. Mélanger les définitions. Un multiple calculé sur des comparables en IFRS 16 ne s’applique pas tel quel à une PME en SYSCOHADA.
  3. Accepter un EBITDA ajusté sans en lire la liste. C’est le premier levier d’embellissement d’un dossier de cession.
  4. Oublier les loyers dans la dette nette. Si l’EBITDA les exclut, la dette doit les inclure.
Aller plus loin

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Le cours applique la méthode des multiples sur un cas complet : retraitements de l’EBITDA et de la dette nette, choix des comparables, valeur de la cible et limites de la méthode.

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Questions fréquentes

EBITDA et EBE, est-ce la même chose ?

Presque, pas tout à fait. L’EBE est un solde défini par le plan comptable ; l’EBITDA est un agrégat d’analyse, sans définition normée, que chaque entreprise ou banque calcule à sa manière. Les écarts viennent des provisions, des loyers, des autres produits et charges d’exploitation et des éléments non récurrents.

Comment calculer l’EBITDA ?

Le plus souvent : résultat d’exploitation + dotations aux amortissements et aux provisions d’exploitation. On peut aussi partir du résultat net et rajouter impôt, frais financiers et dotations.

Qu’est-ce que l’EBITDA ajusté ?

Un EBITDA dont on a retiré les éléments jugés non récurrents : coûts de restructuration, indemnités exceptionnelles, frais d’acquisition. Il faut toujours lire la liste des ajustements : c’est là que se cachent les embellissements.

Pourquoi IFRS 16 augmente-t-il l’EBITDA ?

Parce que les loyers des contrats de location sortent des charges d’exploitation : ils sont remplacés par un amortissement du droit d’utilisation et des intérêts, tous deux situés sous l’EBITDA. La dette locative s’ajoute en contrepartie à la dette nette.

Termes liés

Métiers qui utilisent cette notion : analyste fusions-acquisitions, analyste en capital-investissement.

Sources

  1. IFRS Foundation, IFRS 16 Contrats de location (application obligatoire depuis le 1er janvier 2019) : comptabilisation des loyers chez le preneur. ifrs.org
  2. OHADA, Acte uniforme relatif au droit comptable et à l’information financière et Système comptable OHADA révisé (adopté le 26 janvier 2017). ohada.com
  3. Exemple de Casablanca : cas d’illustration XELANC ; le multiple de 7 est une hypothèse, pas une référence de marché.
Rachid ELMAATAOUI, fondateur de XELANC

Rachid ELMAATAOUI, fondateur de XELANC. Entrepreneur de la finance, il a fondé plusieurs cabinets de conseil en fusions-acquisitions et Financité Institute Group, siégé dans les équipes de direction de grands fonds d’investissement et structuré plusieurs fonds. Il a accompagné plusieurs milliers de financiers. Découvrir son parcours