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Glossaire

DSCR : le ratio de couverture du service de la dette

Le DSCR (debt service coverage ratio), ou ratio de couverture du service de la dette, rapporte le cash-flow disponible pour la dette aux échéances de la période, capital et intérêts. Au-dessus de 1, l’entreprise paie ses échéances avec son activité ; les banques exigent une marge et l’inscrivent souvent dans le contrat de prêt sous forme de covenant.

Cette page traite le ratio lui-même, son calcul et son usage contractuel. L’analyse complète qui y mène est détaillée dans la page capacité de remboursement.

Où vous aurez besoin du DSCR

Le DSCR est le ratio de la dette : on le calcule avant d’accorder, on le teste pendant toute la vie du prêt.

Comité de crédit

C’est le chiffre qui résume un dossier : au-dessus de 1,2, la marge de sécurité est jugée suffisante par la plupart des banques.

Covenants

Le contrat fixe un DSCR minimal, testé à chaque arrêté des comptes ; le manquer est un cas de défaut.

Stress test

Il mesure la baisse de cash que l’emprunteur peut absorber : avec un DSCR de 1,30 et un covenant à 1,20, la marge n’est que de 8 %.

Financement de projet

En financement de projet, la dette est dimensionnée sur le DSCR prévisionnel année par année, et non sur les garanties.

Structuration

Durée, différé, profil d’amortissement : on ajuste l’échéancier pour que le DSCR reste au-dessus du seuil chaque année.

Acquisition et LBO

La dette d’acquisition se rembourse avec le cash de la société rachetée : son DSCR se teste dans les pires hypothèses.

Le cours pour maîtriser le sujet

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Il construit le DCR élément par élément : le numérateur (le cash qui sert réellement la dette), le dénominateur (le périmètre exact de l’annuité), puis l’appréciation et la décision défendue en comité.

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La formule du DSCR

DSCR = CFADS / service de la dette (capital + intérêts)

Le CFADS (cash flow available for debt service) est le cash disponible pour servir la dette : EBE, moins l’impôt payé, moins la variation du BFR, moins les investissements de maintien. Les intérêts n’en sont pas déduits, puisqu’ils figurent au dénominateur.

Le service de la dette comprend toutes les échéances de la période sur toutes les dettes financières, crédit-bail compris. Un DSCR calculé sur le seul nouveau prêt n’a pas de sens.

Historique ou prévisionnel. Le covenant se teste sur les comptes de l’exercice écoulé ; la décision de crédit, elle, repose sur le DSCR prévisionnel de chaque année du prêt. En financement de projet, on suit aussi le DSCR minimal et le DSCR moyen sur la durée.

Exemple chiffré : une clinique privée à Abidjan

Cas d’illustration

Prêt de 1 200 M FCFA sur 7 ans pour l’équipement d’un plateau technique, au taux de 8 % (hypothèse d’illustration), remboursé par annuités constantes de 230,5 M FCFA. Covenant inscrit au contrat : DSCR d’au moins 1,20.

ScénarioCFADSService de la detteDSCR
Prévision de base300230,51,30
Seuil du covenant276,6230,51,20
Stress : CFADS − 15 %255230,51,11

Ce que dit le tableau. Le DSCR de base est confortable en apparence, mais le covenant est rompu dès que le cash disponible baisse de 7,8 %. Un retard de paiement des assureurs ou une panne d’équipement suffit.

Ce que fait l’analyste. Il propose d’allonger la durée, d’ajouter un différé la première année le temps de la montée en charge, ou de fixer le covenant au niveau que le stress test permet de tenir. Le seuil du contrat doit laisser une marge sur le scénario prudent, pas seulement sur le scénario central.

Le DSCR dans le contrat de prêt

Dans les crédits significatifs, la banque inscrit le DSCR parmi les covenants financiers, souvent à côté du ratio dette nette / EBE. Le contrat précise la définition exacte du CFADS, la période de calcul, la date de test et la sanction.

  • Définition : chaque terme (EBE, investissements de maintien, éléments exceptionnels) doit être défini, sinon le ratio se discute à chaque arrêté.
  • Test : en général sur les comptes annuels, parfois sur des situations semestrielles.
  • Bris de covenant : cas de défaut qui ouvre la renégociation. L’emprunteur qui l’anticipe demande une dérogation avant la clôture plutôt que de la subir après.
  • Compte de réserve : en financement de projet, un compte de réserve du service de la dette, souvent équivalent à quelques mois d’échéances, protège le prêteur en cas de creux.

Comment l’interpréter

Inférieur à 1 : l’activité ne couvre pas les échéances ; l’entreprise rembourse avec sa trésorerie, de la nouvelle dette ou ses actionnaires. Autour de 1 : le moindre aléa crée un incident de paiement. Au-dessus de 1,2 : marge de sécurité jugée suffisante par beaucoup de banques, à adapter au secteur.

La trajectoire compte autant que le niveau. Un DSCR qui baisse chaque année alors que la dette s’amortit signale une dégradation du cash produit, bien avant le défaut.

Erreurs fréquentes

  1. Calculer sur l’EBE au lieu du CFADS. On oublie l’impôt, le BFR et les investissements : le ratio est flatteur et faux.
  2. Ne prendre que le nouveau prêt. Toutes les dettes se remboursent avec le même cash.
  3. Compter les intérêts deux fois. Déduits du numérateur et inclus au dénominateur, ils écrasent le ratio.
  4. Fixer le covenant sur le scénario central. Il sera rompu au premier aléa.
Aller plus loin

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Questions fréquentes

Quelle est la formule du DSCR ?

DSCR = cash-flow disponible pour le service de la dette (CFADS) / service de la dette de la période, capital et intérêts. On le calcule en général sur douze mois glissants ou par exercice.

Quel DSCR minimum les banques demandent-elles ?

Il n’existe pas de seuil réglementaire pour les crédits aux entreprises. Un DSCR d’au moins 1,2 est un repère couramment utilisé par les banques, plus élevé pour les activités cycliques ; le seuil exact est fixé dans chaque contrat.

Que se passe-t-il si le covenant de DSCR n’est pas respecté ?

C’est un cas de défaut contractuel. La banque peut renégocier, exiger des garanties ou un apport, augmenter la marge, ou en dernier recours exiger le remboursement anticipé. Le plus souvent, l’emprunteur demande une dérogation (waiver) avant l’arrêté des comptes.

DSCR et capacité de remboursement, quelle différence ?

Le DSCR est le ratio ; la capacité de remboursement est l’analyse complète dont il est l’aboutissement : construction du cash disponible, périmètre des dettes, projection sur la durée du prêt, structuration.

Termes liés

Métiers qui utilisent cette notion : analyste risque de crédit, chargé d’affaires PME.

Sources

  1. Aucune norme réglementaire ne fixe le DSCR des crédits aux entreprises : le repère de 1,2 est une pratique courante des banques, présentée comme telle.
  2. Calculs XELANC : annuité constante = 1 200 × 8 % / (1 − 1,08−7) = 230,5 M FCFA ; DSCR du covenant atteint pour un CFADS de 1,20 × 230,5 = 276,6 M FCFA. Le cas d’Abidjan est une illustration.
Rachid ELMAATAOUI, fondateur de XELANC

Rachid ELMAATAOUI, fondateur de XELANC. Entrepreneur de la finance, il a fondé plusieurs cabinets de conseil en fusions-acquisitions et Financité Institute Group, siégé dans les équipes de direction de grands fonds d’investissement et structuré plusieurs fonds. Il a accompagné plusieurs milliers de financiers. Découvrir son parcours